Comment ne pas perdre la boule ?

Franchement, j’en peux plus de suivre l’actualité, qu’elle soit politique ou non, je commence réellement à saturer. Quand on voit l’état du monde d’aujourd’hui, quand on pense à tout ce que nous avons à faire en une si petite durée afin que notre planète puisse continuer à nous accueillir, on a de quoi perdre la tête. Si en plus l’actualité nous informe d’une cohue monstre chez Intermarché pour une promo sur des pot de Nutella… J’veux pas ressortir ce que tout le monde à déjà dit, mais quand même. Avec les dégâts engendrés par la production de Nutella sur l’environnement, on devrait plutôt interdire ce genre d’évènements.

La production d’huile de palme ravage des surfaces gigantesques à travers le monde, pour une huile dont nous n’avons pas particulièrement besoin. Elle coûte juste moins cher à produire.

Au delà de ça, y’a aussi le fait que les gens se soient réellement comportés comme des animaux. Et c’est à eux qu’il va falloir expliquer qu’il va falloir faire attention à ce que l’on consomme, faire attention à notre production de déchets, de gaz à effet de serre, etc… Faudrait essayer de faire comprendre au gens le fonctionnement d’une société. L’intérêt d’un vrai circuit fermé pour la consommation et la production est bien entendu sur le long terme. Mais pas que, et on le voit dès aujourd’hui avec le dérèglement climatique. Nous devons faire en sorte que notre consommation n’impacte plus (ou presque plus) notre environnement. Si ce n’est pas possible sur certains produits, alors cherchez des alternatives, revenez aux anciennes méthodes parfois plus fastidieuses, mais certainement plus respectueuses de notre environnement.

Mais alors comment expliquer à ces personnes se jetant le regard vide sur des pots de Nutella à -70% qu’ils subissent leurs pulsions et que pour réguler notre consommation et donc protéger notre planète nous devons non pas nécessairement contrôler nos pulsions, mais plutôt les orienter vers les vrais plaisirs de la vie plutôt que sur des consommables et autres biens de consommation ?

Ca me démotive. Et je commence à comprendre ceux qui disent qu’ils perdent foi en l’humanité. Non pas que j’ai eu une quelconque foi à l’égard d’un destin glorieux de l’humanité, mais que je m’y rattachais comme d’un rêve. Comme si je ne pouvais accepter que nous perdrons cette bataille. Comme nous en perdons tous les jours, avec les nombreuses disparitions d’espèces.

Quand lors d’un débat, à table ou avec des amis, quelqu’un vient à argumenter en faveur du végétarisme, du végétalisme, ou même du véganisme, je ne dirai pas que je soutiendrai forcément ses arguments, il en use certainement de très personnels, ou même des arguments fallacieux (je sais que ça existe dans ce milieu, j’en ai moi-même propagés à une époque) mais le but qu’il poursuit me semble louable pour les arguments suivant (qui du coup me semble recevables peu importe le bord politique et/ou philosophique de l’interlocuteur) :

  • Je souhaiterai préciser qu’il serait préférable de mettre de côté l’argument de la souffrance animal. Non pas que ce ne soit pas un bon argument, il se trouve que lorsque vous débattez en famille, ou avec des inconnus dans un bar, il y a de grandes chances pour que vous rencontriez des personnes avec des idées bien arrêtées quand à la place de l’homme dans le monde animal. Il y a également des chances pour qu’il n’en ai rien à foutre de la souffrance animal. « C’est normal, ça a toujours été, on fera pas autrement, faut bien qu’on mange, on est des prédateurs, etc… »
  • Oubliez l’argument de la santé… Franchement, n’importe qui vous dira que tonton Gérard, qui mangeait un kilo de viande rouge par jour, à vécu jusqu’à 101 ans. Et bizarrement, ce genre d' »arguments » sont ceux qui m’énervent le plus (le coup du tonton qui contredit les études).
  • Le seul argument qui passe aujourd’hui, c’est la protection de l’environnement. Ca pourrait sembler dingue, mais c’est la chose qui a tendance à mettre le plus souvent les gens d’accord (bien qu’il existe encore un paquet de gens qui n’y croient pas, mais bon… certains pensent que la Terre est plate, ou que sais-je…). Si vous leur expliquer la consommation d’eau et de nourriture (végétale) pour produire de la nourriture animale, alors les gens comprennent tout de suite mieux. Même s’ils ne deviennent pas forcément végans, certains essayeront d’éviter les viandes les plus « énergivores ». Ce n’est pas de la mauvaise foi, c’est agir à son niveau, à son échelle. C’est déjà un premier pas. En plus cet argument de la protection de l’environnement marche aussi lorsque l’on parle de la raréfaction des poissons dans les océans et les mers du globe. Les gens sont pas si cons que ça et comprennent que si on en pêche plus qu’il n’y en a de nouveaux, alors les stocks diminuent et on risque des périodes de disette par la suite. En gros, si on ne se restreint pas aujourd’hui, on y sera contraint à l’avenir. On peut parler de la disparition des coraux et du plancton, de l’acidification des océans etc… Les gens n’ont en général pas trop d’a priori sur ces sujets s’il ne les connaissent pas vraiment (contrairement aux « arguments santé » vus plus haut, par exemple). Avec un peu d’explication, on peut vite faire comprendre (de manière simplifiée) en quoi notre planète est notre écosystème. Et en quoi un écosystème induit nécessairement un cycle afin de maintenir le-dit système dans un état stable. On pourrait presque croire que je ne parle plus de véganisme, pourtant, la production de viande (et des autres produits issus de l’exploitation des animaux) ont un réel impact sur la production de gaz à effet de serre. Donc il faut à la fois parler des dommages directs et indirects sur l’environnement de la consommation de viande.

Je n’incite cependant pas au prosélytisme. J’ai moi-même eu un comportement très prosélyte lorsque j’étais plus jeune sur tout un tas de sujet, et notamment sur le véganisme. Et j’ai ainsi remarqué qu’avoir un comportement prosélyte vous enferme dans une bulle, allant de biais de confirmation en déni de preuve du contraire de ce que j’affirmais, je me suis laissé allé dans les tréfonds de la propaganda politique. Mes idéaux radicaux y sont pour beaucoup, et je sais que je resterai toujours un rêveur attiré par le mieux que l’on puisse faire. Mais même si nos idéaux nous semblent louables au possible, nous ne pouvons nous permettre de nier la réalité.

Et c’est quelque chose que je reproche à un certain nombre de végétariens, de végétaliens, de végans, etc… Et on pourrait appliquer ça à un grand nombre de gens tombant très souvent dans des visions biaisées de la réalité. Comme si les gens acceptaient certaines idées fausses (souvent très proches des théories du complots) si elles appuyaient leurs idées…

Je ne dirai pas que je suis un exemple de vertu dans ce domaine. Mais justement, je travaille à m’améliorer.

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