Depuis tout petit, avec ce que j’ai appris en cours, et dans la vie, je pensais naïvement que nous nous dirigions naturellement vers un monde meilleur. Que quoi que l’on fasse ça ne pourrait pas être pire qu’hier pour la simple et bonne raison que nous avons évolué technologiquement et dans les sciences en général. Notre connaissance s’accroît de jour en jour et je pensais que cela impacterait directement le fonctionnement de notre société afin de la perfectionner sans cesse. Mais c’était sans compter sur le fonctionnement même de notre système économique puisque celui-ci repose sur un système dit monétaire (avec utilisation de monnaie) et que par principe les moyens sont rares. Donc cela ralentit le développement « potentiel » de notre société qui pourrait pourtant appliquer comme des mises-à-jours les découvertes et les améliorations des ingénieurs et scientifiques.

Puis un jour, je me suis réellement demandé ce à quoi ressemblerai un monde meilleur: Qu’est-ce qui ferait que le monde serait meilleur demain ? Pourquoi ? En quoi ?! Au final, cette réponse, on la retrouve dans ce que j’appelle les ismes. Ce sont tous ces mots qui se termine en « -isme », comme communisme, capitalisme, libéralisme, écologisme, socialisme, solidarisme, fascisme, souverainisme, indépendantisme, régionalisme, communalisme, anarchisme, monarchisme, mondialisme, altermondialisme, nationalisme, populisme, etc… Et bien qu’un certain nombre d’entre eux ait à la fois une définition précise en théorie et très vague dans la réalité et la pratique, la plupart ont un côté péjoratif dans l’esprit des gens. On pourrait presque comparer cela aux religions: en dehors de certaines questions dont les réponses restent apolitiques et la plupart du temps partagées par une très grosse majorité, ces concepts, ces idéologies, ces dogmes ont trop vécu. Les points de convergence entre ces idéologies restent aussi rares qu’entre les religions (qui en dehors du « tu ne tueras point » et « tu aimeras ton prochain » ne partagent plus grand chose).

Ces conflits se transposent dans les esprits et avec le temps, tout cela clive le débat et enraye la machine démocratique que devrait être une réelle République Démocratique. Au final, les divergences rattrapent plus souvent les convergences que l’inverse, et les débats deviennent de plus en plus stériles, les partis et groupes politiques deviennent de plus en plus sectaires.

On pourrait parler du soucis de la représentativité dans un système dit démocratique, si d’autant plus on imagine que cela éloigne les peuples de la politique, comment s’étonner de l’explosion de l’abstention lors des élections ? Surtout lorsque c’est pour trahir un référendum ayant eu lieu deux ans plus tôt. Et ce sentiment de déconnexion avec la politique (ou du moins avec le monde politique) a sûrement un lien avec le fait que certains politiques semblent de plus en plus se déconnecter des attentes populaires, allant jusqu’à renier leur programme une fois élu, et ce même à la fonction suprême. Peut-être notre système politique n’est-il pas assez démocratique ? (Je dis « pas assez » car je conçois la démocratie comme une échelle que l’on doit gravir jusqu’à l’infini… on est jamais arrivé à la perfection aussi loin que l’on avance, et pour le coup, il faut dire que la France ne semble pas être montée bien haut…) Suffit de voir les scores de la France Insoumise qui va jusqu’à parler de monarchie présidentielle.

Il y a beaucoup de questions que nous nous posons, et encore plus que nous avons le droit de nous poser, mais nous le faisons tous de notre côté, et nous essayons ensuite d’en convaincre le plus grand nombre. Mais si nous laissions nos égos de côté et que nous décidions enfin d’en discuter tous ensemble, et de voir où cela nous mènera. In fine nous appliquerons tout de même tout cela par référendum afin de valider le processus en bout de course. Nous pourrions tous ensemble discuter dans la rue, dans les cafés, les restaurants et les bars, même en faisant nos courses en grandes surfaces ou au marché, en croisant n’importe qui… Et tous ensemble, nous réécririons nos règles à nous, celles qui doivent remplacer les anciennes, non pas les balayer, mais les améliorer, les perfectionner, et surtout les mettre à jour. Car nous avons beaucoup vécu depuis 1959, de nouvelles générations sont venues grossir les rangs du peuple de France (et dont je fais partie, donc bon…).

Et tout cela, ça s’appelle simplement un processus constituant. Cette chose qui semble être tant critiquée au Vénézuela et que pourtant de nombreux pays (plus proches encore) ont traversée récemment, et je pense notamment à l’Islande (et eux n’ont vraiment pas fait les choses à moitié).

Et le plus dingue, pour en revenir avec ce que j’ai dit plus haut, le processus constituant est totalement haut dessus de tout clivage politique (en principe et par définition, puisqu’il vise à tout réorganiser). Chaque « mouvance » politique peut se voir représentée de manière démocratique, influençant le débat dans son sens, mais surtout en discutant tous ensemble. Pas seulement payer des gens pour le faire, mais se mettre vraiment à la tâche… Parce-que

La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

comme disait si bien Abraham Lincoln. Si nous souhaitons un monde meilleur, il faut donc se battre pour l’avoir.

Pour terminer, je dirai juste que la seule formation politique se battant vraiment pour une constituante est la France Insoumise, qui espère ainsi faire passer la France à la VIè République. Ce ne sera pas parfait, mais nous aurons déjà fait un pas de plus vers la démocratie, vers un monde meilleur.